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  • Bel Air Marquis d'Alligre : Le Rayas de Margaux

    Aujourd’hui, petit tour dans le bordelais chez un propriétaire bien particulier.

    Jean Pierre Boyer est le propriétaire du Château Bel Air Marquis d’Aligre, un véritable ovni dans le Bordelais, pourquoi ? Car monsieur Boyer ne fait rien comme tout le monde. Les Vins du château n’ont jamais été vendu au négoce bordelais. Les vins produits par Jean-Pierre Boyer n’ont jamais beaucoup de couleur et présente un style très particulier, mêlant finesse et intensité de parfums. Ils sont volontiers comparés à des vins de Pomerol, voire même à certains grands vins de Bourgogne. Rien à voir avec des vins « Bodybuldé » trop extrait, ici donc pas le risque d’attraper une écharde en buvant un verre.

    Du bois neuf ? il n’y en a quasiment pas ou très peu. Mr Boyer vinifie depuis 1950 et n’a essayé qu’une fois la barrique neuve au cours d’un millésime des années 60… Il n’a pas aimé et a classé l’affaire sans suite pour notre plus grand bonheur . JP Boyer privilégie donc la cuve béton, après un assemblage qui se fait directement dans les vignes, tout est vendangé ensemble, direction le cuvier ciment où les vins resteront de nombreux mois avant la mise, souvent 2, 3 ans et même plus. Cela suffit pour faire perdre ses repères à un dégustateurs, habitués à ces saveurs grillées, toastées, vanillées ... indissociables de certains grands Bordeaux. Les vins de JP Boyer sont donc des marqueurs du terroir et défient le temps !

    Une autre particularité vient de l’encépagement unique dans le Médoc : 30 % de Merlot, 30 % de Cabernet Sauvignon, 30 % de Cabernet Franc (rarissime !) et 10 % de Petit Verdot (peu courant).
    Voici les notes de dégustation de deux millésimes que nous avons eu la chance de déguster et de nous procurer :

    BAM 1998 : D'une robe rubis clair, le nez présente des notes délicates de fruits rouges, fruits noirs et de cuir. Après un long carafage, le nez s'enrichit de fruits noirs cuits et de pruneau pour devenir presque exubérant. La bouche peut paraître maigre au premier abord mais la délicatesse et douceur prennent le dessus. C'est un vin tout en dentelles et en gourmandise avec une finale longue. Malgré la finesse de ses tanins, ce vin est taillé par la garde. Un vin élégant et charmeur et un rapport qualité/prix inégalé.


    BAM 2004 : La robe paraît légèrement évoluée, avec une frange orangée en bordure. Cependant c’est une caractéristique du Château Bel Air Marquis d’Aligre. Les vins ont d’ailleurs tendance à regagner de la couleur au vieillissement. Le nez est d’une extrême finesse, jouant sur un registre d’épices et de floral. Les notes de fruits rouges, dont la framboise, restent discrètes même si elles apparaissent plus à l’aération. Le toucher de bouche est splendide, avec beaucoup d’élégance dans les tannins, très fins et apportant une légère amertume. Le vin gagne en intensité de parfums après quelques minutes et surtout en revenant dessus après les deux vins suivants.